Deux éditions, 2023 et 2024 : le bois sauvé de l'atelier est monté sur la scène de Rock in Evreux. Récit d'un décor de festival qui encaisse la foule.
Une scène de festival, ça ne pardonne pas. Le son, les lumières, la foule qui pousse — et le décor qui doit tenir, du premier accord au dernier rappel. Alors quand Rock in Evreux m'a fait confiance pour sa scène, en 2023 puis en 2024, j'ai su ce que ça voulait dire : le bois sauvé montait en première ligne.
Ce bois-là, il vient de palettes vouées à la destruction. Des camions, des entrepôts, la pluie, les chocs — il a déjà vécu avant d'arriver à l'atelier. C'est justement ce qui me plaît. Pour un festival, il ne faut pas une matière fragile qu'on protège : il faut une matière qui a déjà encaissé. Je la ponce, je la réassemble, je la révèle — et elle repart au travail.
Un décor qui encaisse la foule
Sur une scène, le bois n'est pas un objet de salon. On le frôle, on s'appuie dessus, on danse à côté. Chaque assemblage doit être pensé pour ça — costaud, stable, réparable. C'est le même geste qu'à l'atelier, chaque planche reprise une à une, mais avec une exigence en plus : tenir face à la foule, deux éditions de suite.
La photo qui accompagne cet article, c'est le genre de pièce que je fabrique aussi pour les événements : un mange-debout lumineux, un touret monté sur un fût LED. Le genre d'objet qui, la nuit tombée, fait le lien entre la scène et le public.
Et quand tout est démonté ? Rien ne se perd. Le bois est recyclé à 100 %, jusqu'aux clous rouillés qui servent de fixateur de couleur à un producteur de textile. Une scène de festival, ce n'est qu'une étape de plus dans la vie de cette matière — et j'espère bien qu'il y en aura d'autres. Vous préparez un événement ? Racontez-moi votre projet, je vous réponds personnellement.
Publié le 17 février 2026 — Fabrice Marné, Malaunay.